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“je crois au phallocratisme de chaque seconde, de chacun, dans chaque classe et chaque patrie”

Calmement, lucidement, je le répète (et je le crie, et je le râle, et je le prononce, et je l’exprimerai, par la parole et la plume, jusqu’à la fin) ; je crois à la généralité, à la profondeur, à l’universalité du fait misogyne : oui, toujours et partout, chez le capitaliste, chez le prolétaire, en camp euro-américain et en camp socialiste, et dans le Tiers Monde, et dans les sous-cultures, au Vatican comme à Cuba ; je crois en lui chez le jeune bandeur et le vieil impuissant, je crois au phallocratisme de chaque seconde, de chacun, dans chaque classe et chaque patrie. Hommes de bonne volonté, libéraux, champions égalitaires de l’universalisme, je n’accepte pas votre conseil.

— Françoise d'Eaubonne, Le Féminisme ou la mort, Paris, éditions Pierre Horay, 1974, I, "La Féminitude ou la subjectivité radicale", "Le malheur d'être femme".

Voir aussi la définition du phallocratisme par Françoise d’Eaubonne.

Aurore Turbiau
Aurore Turbiau
Docteure en littérature comparée, actuellement première assistante en littérature comparée à l'Université de Lausanne (CIEL). Je travaille sur les littératures… Lire la suite

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Aurore Turbiau (6 juin 2020). “je crois au phallocratisme de chaque seconde, de chacun, dans chaque classe et chaque patrie” Littératures engagées. Consulté le 11 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/odz8


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